« Home », un
rendez-vous très
médiatique avec la planète
Le
film de Yann Arthus-Bertrand, à but non lucratif, est
diffusé le même
jour gratuitement au cinéma, à la
télévision et sur Internet dans 130
pays
Source chaude du Grand
Prismatic, parc national de Yellowstone, Wyoming, Etats-Unis
(EuropaCorp Distribution)
Que la planète est belle, grandiose, diversifiée,
colorée !
Incontestablement, dans ce qu’il considère
être
« le film de (sa) vie
», Yann Arthus-Bertrand livre le meilleur de son savoir-faire
inégalé
en matière de Terre vue du ciel.
Home
est de ce point de vue la
réécriture
caméra de son célébrissime ouvrage
vendu à 3,5 millions d’exemplaires.
Mais quel prêchi-prêcha ! La voix off –
l’acteur
Jacques Gamblin
prête sa voix pour le cinéma, Yann Arthus-Bertrand
pour la télévision,
l’actrice Glenn Glose pour la version américaine,
etc. –
s’étire sur
deux heures (1 h 30 en version
télévisée) et des images lentes pour
nous expliquer que ce que la planète a patiemment construit
en
ressources, richesses et diversités en quatre milliards
d’années,
l’homme occidental l’a saccagé en
quelques
décennies. Certes,
pollution, réchauffement climatique, épuisement
des ressources,
effondrement de la biodiversité, les conditions de vie sur
Terre se
dégradent. L’humanité, et non la Terre,
court
à sa perte. L’affaire est
entendue. Nul ne peut aujourd’hui l’ignorer.
D’ailleurs Yann
Arthus-Bertrand lui-même le revendique : « Ce que
nous disons dans le
film, tout le monde le sait, mais personne ne veut vraiment y croire.
»
Home est diffusé en
simultané sur tous les
supports médiatiques

Comment
faire en sorte que les écologistes ne crient plus dans le
désert ?
Malheureusement Yann Arthus-Bertrand laisse la question
entière. Il
décrit le déluge environnemental en cours, en
déclinant les maux de la
planète tel un terrible décalogue, sans trouver
le bon aiguillon pour
déclencher l’électrochoc. Il y a
d’ailleurs une
démarche quasi
religieuse dans l’approche du photographe qui, à
force de
voir d’en
haut, tente, en bon missionnaire, un appel à la conversion
des
spectateurs, avec pour mots d’ordre « Tout
s’accélère » et «
Il est
trop tard pour être pessimiste ». Al Gore avait
à sa manière été
incomparablement plus percutant avec
Une
vérité qui dérange.
L’effet d’entraînement du film
réside plus dans la
folle énergie et
la force de conviction du réalisateur pour chambouler la
chronologie
habituelle des médias – Home
étant
diffusé de manière
simultanée sur
tous les supports médiatiques existants : cinéma,
télévision, Internet
et DVD – et inonder la planète de son film visible
gratuitement,
simultanément et en 18 langues, dans des salles de
cinéma de 130 pays,
sur 81 chaînes de télévision et sur le
site
Internet
YouTube.
Home est aussi projeté ce soir en plein
air dans
plusieurs
villes – Paris, New York, Athènes, Londres,
Bagdad, etc. En
France, il
est diffusé vendredi 5 juin à 20 h 35 sur France
2 et en parallèle
distribué sur 120 écrans dans
l’Hexagone,
l’entrée étant gratuite
(seulement vendredi) dans la plupart des salles UGC et CGR.
C’est l’autre coup de génie de Yann
Arthus-Bertrand. Il a
entraîné
dans son aventure le producteur Denis Carot d’Elzevir Films
et le
réalisateur et distributeur Luc Besson d’Europa
Corps pour
la
distribution internationale du film et convaincu de puissants sponsors
: le groupe PPR a versé 10 millions d’euros et
France 2, la
fondation
Al-Jazira et Europa Corps les 2 millions complémentaires
pour boucler
le budget du film. L’intégralité des
bénéfices (droits
télévision,
vente DVD…) ira à Europa Corp et 80 %
d’entre eux
reversés à
GoodPlanet, l’association fondée par Yann Arthus
Bertrand en
2005.
Dominique LANG, Laurtent
LARCHER et Marie VERDIER, sur La-Croix
liens:
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